Jibbitz, l’histoire d’un après-midi d’ennui à Boulder qui donne naissance à une entreprise vendue 10 millions de dollars

Une mère de famille, trois enfants, quatre personnes qui s’ennuient un après-midi d’’été. Un simple kit de couture ouvert sur la table de la cuisine. Un an plus tard, une multinationale de la chaussure rachète ce qui n’était qu’une idée toute simple pour 10 millions de dollars. Bienvenue dans l’histoire de Jibbitz.

Une cuisine, un kit de couture, et une idée à 10 millions de dollars

C’est une histoire banale, comme il en existe des dizaines. Et c’est une histoire qui ne peut se passer qu’aux Etats-Unis. Une idée simple qui donne naissance à un business à plusieurs millions de dollars.

Cette fois ça ne se passe pas dans un garage ou dans une cave mais plus simplement dans une cuisine. Nous sommes à Boulder au Colorado en 2005. Autour de la table de la cuisine, on trouve Sheri Schmelzer et ses trois enfants, Lexie, Julian et Riley. C’est l’été, il fait chaud dans le Colorado et personne n’a envie de sortir. Pour le dire simplement, tout le monde s’ennuie ferme. 

Sur la table de la cuisine, il y a le kit de couture de Lexie. Il est rempli de fleurs en soie. Sans conviction, Sheri prend une des fleurs et la glisse dans un trou d’une paire de Crocs qui traîne. Lexie adore cette petite décoration. Les frères aussi. Et tout le monde a envie de faire pareil et de ”customiser” leurs chaussures. L’ennui laisse place à un jeu qui réjouit tout le monde.

Quand Rich, le mari et père de famille rentre le soir du travail, les enfants ont hâte de lui montrer leurs réalisations. Il s’amuse à découvrir ces décorations. Mais surtout, il entrevoit autre chose. Une Croc compte 13 trous, il y a déjà des millions de paires vendues à travers le monde. Le calcul est compliqué à faire mais il entrevoit déjà la série de zéro que cela peut entraîner.

Sans la moindre hésitation, il dépose in brevet pour l’invention et la baptise Jibbitz, d’après le surnom de sa femme ”Flibbity Jibbets”.

De la cuisine à l’entrepôt

Le 9 août 2005 est la date d’anniversaire de mariage du couple. Ce sera aussi la date de lancement officiel du site de vente des Jibbitz. Deux jours plus tard, une chaîne de télé local en parle. Les commandent affluent plus vite qu’espéré. En quelques mois, l’activité du couple passe de la cuisine, au sous-sol, à un entrepôt à Boulder. En août  2006, l’entreprise fête ses un an mais surtout 6 millions de charms vendus pour 2,2 millions de chiffre d’affaires.

Une légende à la piscine, un rachat bien réel

Comme toute bonne histoire, il faut des légendes. Alors gardons la plus sympathique qu’importe si elle est vraie ou pas. La fin, elle, est bien réelle. 

Cette fois nous sommes à la piscine de la ville. Lexie est avec ses copines et surtout avec ses Crocs customisées. Quand un des fondateurs de Crocs est aussi là pour se détendre. La légende dit qu’avant de piquer une tête, il aurait aperçu les chaussures de Lexie. Comme le père de la jeune fille, il comprend vite les implications possibles. Il tend sa carte de visite à la jeune fille, lui demandant que ses parents l’appellent.

Cette rencontre au bord de la piscine est vraie ou fausse, je vous l’ai dit, ça n’a pas d’importance en fait. Ce qu’il faut retenir c’est qu’en octobre 2006, soit un an après le lancement de Jibbitz, Crocs Inc. rachète officiellement Jibbitz pour la somme de 10 millions de dollars. Avec 10 millions supplémentaires si l’entreprise atteint ses objectifs.

Vingt ans plus tard, les Jibbitz sont toujours là. 430 modèles au catalogue au moment où nous publions cet artcle, des collaborations avec les plus grandes franchises Disney, Marvel, Pokemon ou Hello Kitty. Avec une idée de départ qui n’a pas changé 20 ans après : transformer une chaussure de série en objet personnel. Une belle forme d’affirmation de soi. 

Laisser un commentaire