Anti-conformisme et style : Le portrait d’Amélie

Grande, svelte, brune, avec de longs cheveux, Amélie passe un long moment à se préparer avant d’aller à la fac. Chaque matin, c’est le même cérémonial, le choix de sa tenue pour sortir. Elle applique une règle simple : l’anti-conformisme par le style. Devant son placard grand ouvert, la jeune femme contemple l’arc-en-ciel que forment ses vêtements…

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Elle dépose sur le lit un pantalon noir, un pull jaune, une mini-jupe pastel, un chemisier rose, un t-shirt avec un dessin japonais. Calmement, elle recule, observe chacun de ces vêtements. Ses yeux pétillent comme ceux d’un enfant qui prépare un mauvais tour. Une affirmation de soi par le vêtement qui refuse la grisaille ambiante.

Un coup d’œil à la fenêtre, la journée s’annonce fraîche. Ce sera donc mini-jupe, chemisier et veste courte. Elle attache ses cheveux en queue de cheval bien haut sur le sommet de son crâne. Elle jette un dernier regard à son miroir. Elle hoche la tête, satisfaite du résultat.

Un style authentique face à la grisaille de la fac

Quand elle entre dans la salle de cours, Amélie repère une table vide sur le côté. Elle s’assoit, sort une chemise de son sac à dos bourré de livres et commence à relire la première page. Autour d’elle, il y a un léger brouhaha. Les filles papotent en rigolant, certaines font des selfies, les garçons regardent des vidéos sur leurs téléphones. Amélie reste concentrée, elle annote son texte, fait quelques corrections. Indifférente au reste de la classe, elle incarne un anti-conformisme calme.

Le prof entre et découvre sa classe pour la première fois. Un ensemble beige, terne, sans aucun relief. À part cette étrange tache de couleur rose à l’écart. Quand il prend la parole, Amélie n’entend que quelques mots : « master… réflexion personnelle… argumentation rigoureuse… autonomie… ». Elle sourit, confiante. Elle sait déjà tout cela.

— Est-ce que certains connaissent déjà le sujet de leur master ? demande le prof sans grande conviction. Enchaînant sans attendre de réponse : Non, mais c’est normal et les prochaines semaines seront consacrées à déterminer le sujet qui vous convient le mieux.

— Excusez-moi, je connais le sujet de mon master.

L’enseignant regarde cette étudiante en rose, le regard pour le moins dubitatif. Prenant le reste de la classe à témoin :

— Voyons voir ce que cette demoiselle a à nous proposer, lance-t-il sans enthousiasme.

Amélie se lève :

— Le titre provisoire est : « Écriture de l’intériorité et construction du sujet narratif : pour une étude des manifestations du monologue intérieur dans le manga japonais contemporain. » Mais on peut le changer si ça ne convient pas.

L’anti-conformisme au tableau : le piratage des codes

Le silence envahit la classe. Tous les regards se tournent vers la jeune femme, debout, souriante, sûre d’elle-même. Le professeur, interloqué, l’invite à venir devant la classe pour donner plus de précisions. Amélie pose sa veste sur le dossier de sa chaise, se dirige vers le tableau.

Sur son chemisier, le prof peut lire deux petits badges épinglés : « 2SMART4U » et « I Thought I Could So I Did ».

Amélie refuse le moule. Pour comprendre les mécaniques de ce conformisme algorithmique auquel elle échappe, lisez notre analyse sur la génération clone.

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